Monastère de Babang (environs de Dege, Sichuan, route Sichuan-Tibet Nord)

Carte sichuan

6h du matin. Le marché commence à s'installer dans les rues de Dege. Les bouddhistes les plus fervents entament leur 5ème tour de l'imprimerie.

Notre minibus sort de la ville en direction du monastère de Babang (également appelé Palpung).

 le petit PotalaNous longeons le fleuve Jinsha (Yangtzi) pendant 2 heures (l'autre rive, c'est le Tibet!) avant de nous engager sur une très mauvaise piste qui serpente dans la montagne pendant plus de trois heures.

Vers 11h nous arrivons enfin à un petit village au pied de Babang. 30 minutes de grimpette très ardue nous mène au monastère.

Pite à 3900 mètres d'altitude, loin de tout, Babang Si est ici surnommé le " petit Potala ".

C'est le monastère de la secte Kagyupa (secte Blanche) le plus important de la région, il a été construit il y a plus de 800 ans et son activité est toujours intense.

préparation des masques pour le grand défilé

De superbes fresques ornent les murs intérieurs ainsi que les plafonds et les pourtours des portes et des fenêtres.

Le petit Potala abrite un atelier de fabrication de " modèles " en bois qui servent ensuite à l'impression des sutras.

Des ouvriers postes près des fenêtres découpent méticuleusement le bois afin de faire apparaître en relief et en négatif le texte tibétain :

un travail de fourmi avec des outils microscopiques !

Leurs paillasses s'étalent dans la même pièce, ils doivent se mettre à l'ouvrage dès les premières lueurs du jour car aucune lampe électrique n'est utilisée.

Dans 10 jours (fin Juillet) aura lieu la grande procession de masques de Babang, elle n'a lieu que tous les trois ans, et nous la ratons malheureusement de quelques jours.

Nous pouvons en revanche voir les lamas rénover les masques et les costumes; avant qu'un Lao Shi (maître) de mauvaise humeur ne nous expulse brutalement de la pièce en menaçant de nous prendre nos appareils photos.

Aucun lama n'est en mesure de protester, le Lao Shi est le Lao Shi, l'autorité incontestée à Babang.

le jeune Huofu de Babang

Nous montons ensuite dans les appartements du petit Huofu du monastère.

Le bonhomme de 8 ans est richement habillé et trône sur un siège doré, des sutras devant lui.

Il vit ici depuis l'âge de quatre ans; depuis que le vieux Huofu l'ai désigné comme sa réincarnation.

Aujourd'hui ses parents sont arrivés du Qinghai et passent quelques instants avec lui, ils ne peuvent lui rendre visite qu'une fois par an.

Même si la séparation doit être difficile c'est un grand honneur pour une famille tibétaine de voir un de ses fils nommé Huofu, surtout dans un monastère aussi réputé que Babang !

Je suis cependant frappée par l'air un peu triste de ces jeunes Huofus assis bien droit sur leur trône doré, sans autre distraction que les sutras, les objets de prières et les visiteurs venant se prosterner devant eux.

Peut-être sont-ils conscients du rôle important qu'ils jouent dans le monastère et dans toute la région.

Les gens affichent des posters des Huofus dans leur maison, portent leur image en pendentif ou gardent une photo dans leur portefeuille. Ils semblent très au courant de ce qui se passe dans les monastères des environs.

Le deuxième Huofu de Babang a 18 ans. Je le rencontre dans sa petite maison au dessus du monastère. Il est assis dans une chambre couverte de photos de Huofus passés et présents, d'images sacrées, de fleurs et de statues de Bouddha.

Comme les autres moines du temple, il ne parle que le dialecte tibétain de la région. Des lamas font résonner de superbes cornes de brume dans la pièce d'à côté.

D'après ce que m'explique le moine qui m'a accompagné (un des rares a parler chinois ici), il est attendu du visiteur qu'il leur donne 1 yuan avant de partir.

Soit. Après avoir fini mon bol de thé au beurre de yak je reçois un lacet de couleur avec un noeud en son milieu et une écharpe blanche : chaque rencontre avec un Huofu est suivie de ces cadeaux.

De retour dans le dortoir du monastère ( un large banc de bois recouvert de couvertures qui fait tout le tour de la pièce) nous mangeons nos bols de nouilles (apporter des provisions !) devant une armée d'ouvriers et de lamas qui nous observent comme si nous étions des extra terrestres.

La communication est ici difficile même pour les chinois car un seul lama parle correctement le mandarin ! Ce jeune moine se debrouille également très bien en anglais : il fait apparemment ses études à l'université de Kangding en alternance avec sa vie au monastère.

Informations pratiques

Aucun bus ne se rend au monastère de Babang depuis Dege. Il faut donc organiser le voyage en minibus par soi même, le prix dépendra de vos capacités de négociation et de votre nationalité (des amis chinois aideront beaucoup...).

Il est également possible de se rendre à Babang à pied à travers les montagnes depuis Dege.

Selon les locaux la randonnée (ardue) prend une journée. Vous pourrez sûrement trouver des guides en ville.

Il faut 5 heures pour aller jusqu'au monastère, il faut donc prévoir au moins deux jours. Quitte à s'engager sur ces mauvaises pistes autant combiner la découverte de Babang avec celle du monastère de Zhongsha, à 5 heures de Babang et 6 heures de Dege.

Prenez votre temps... Nous avons été bloqués pendant plusieurs heures au retour car un petit pont s'est écroulé sous le poids d'un camion.

La nuit à Babang coûte 25 yuans, apportez votre sac de couchage car les couvertures laissent à désirer. Apportez également des provisions.

Les moines offrent le thé, le yak séché et des bonbons mais on ne peut acheter rien d'autre en haut (en revanche il y a une sorte de restaurant dans le village en bas).

Je signale également l'attaque d'un rat pendant la nuit : accrochez vos provisions en hauteur et ne laissez pas les gâteaux sur la table !

Marion Labatut © Azurever.com

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