Les arbres à voeux de Lam Tsuen

Par la vitre du minibus, c'est d'abord une vision d'automne, au loin : un arbre ancestral déployant de lourdes branches aux feuilles couleurs d'or, d'orange et d'écarlate.

Pourtant, la végétation semi-tropicale, verte et persistante de Hong-Kong se fait rarement si flamboyante ; et de toute manière, le Nouvel an chinois vient tout juste de se terminer : nous sommes au mois de janvier !

Il faut se rapprocher un peu pour distinguer ce qui est en réalité une multitude de petits papiers colorés, accrochés aux branches de ce grand banian, même aux branches les plus hautes.

La situation ne tarde pas à s'expliquer d'elle-même.

En certaines périodes, comme en ce nouvel an, des gens de tout âge et de toute classe sociale font le pèlerinage jusqu'à ce petit village de Lam Tsuen, non loin de la ville de Tai Po, dans les Nouveaux territoires.

Sur place, ils font l'acquisition d'un bao die, c'est-à-dire une grande enveloppe jaune et rouge contenant un papier écarlate ; sur celui-ci, ils inscrivent leur nom, ainsi qu'un vœu dont ils souhaitent ardemment la réalisation.

Puis, l'enveloppe scellée est attachée par un fil à une orange percée - et le tout est jeté dans les branches de l'arbre.

Si le papier reste accroché à quelque branche, la hauteur de celle-ci détermine la probabilité de réalisation du vœu.

Si le jet échoue, le lanceur se voit généralement déconseillé de tenter sa chance plus de trois fois : un triple échec signifie en effet que le vœu est trop prétentieux pour que les dieux acceptent de le réaliser… 

Les arbres sont au nombre de deux. Le plus jeune d'entre eux était autrefois " réservé " aux vœux de mariage et de fertilité.

Le plus ancien supportant les espoirs de réussite académique, de santé, et autres aspects de la vie quotidienne.

La distinction se perdit avec le temps, et le plus grand des deux arbres devint naturellement le plus révéré des deux, ses branches retenant les papiers plus facilement.

Si révéré, en fait, qu'il se mit à mourir à petit feu, les branches ployant sous le poids des oranges ;

à tel point que la communauté locale finit par interdire d'y lancer des fruits, priant les visiteurs de tenter leur chance avec l'arbre le plus jeune, ou même d'accrocher leurs vœux sur les grands panneaux de bois installés à proximité - au grand dam des producteurs d'oranges.

Mais de nombreuses personnes se contentent de toute façon de brûler quelques paisibles bâtonnets d'encens au pied des banians.

À proximité se trouve un beau temple dédié à Tin Hau, déesse de la Mer. Il fut bâti au temps de la dernière dynastie, sous l'empereur Qian Long (milieu du XIXe siècle).

L'autel de Tin Hau se trouve dans la chapelle principale ;

de part et d'autre de celle-ci se tiennent une chapelle dédiée au Dieux de la Culture et de la Guerre (le Man Mo Hall), et le temple de la Justice, construit en l'honneur de douze hommes courageux qui défendirent le village dans les temps anciens.

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INFOS PRATIQUES

Prendre le KCR Nord-Est jusqu'à Tai Po Market ; de la station, monter dans un minibus 64K, 65K ou 25K (vert), et demander au chauffeur de s'arrêter lorsque les arbres sont en vue.

Ou alors, prendre un taxi pour Lam Tsuen.

Dorian cavé © Azurever.com

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