L’île abandonnée de Tung Ping Chau

Les plages de galets

Le ferry met finalement le cap sur l'une de ces îles minuscules et verdoyantes, entre lesquelles le petit bateau s'est glissé pendant près d'une heure et demie.

Alors que l'on s'approche, on ne voit d'abord que des rochers luisants et sombres, entre deux vagues, la végétation luxuriante ;

mais on atteint bientôt la jetée, et on aperçoit au loin quelques bâtisses semble-t-il habitées.

Les passagers sortent en ligne, sac au dos et glacière à la main, jettent un œil au panneau les avertissant qu'il est strictement interdit d'abandonner des papiers gras ou de pêcher à la dynamite, nous sommes dans un parc naturel et désireux d'être seuls, s'éparpillent vite le long des petits sentiers qui se faufilent dans la jungle.

Quelques chapelles abritent encore des autels où fume toujours l’encens

Auparavant ce matin-là, on aura piaffé un moment à l'embarcadère ; les jours fériés, la file des candidats à la traversée peut s'étendre considérablement.

Fer de lance de l'éco-tourisme encore balbutiant de Hong-Kong, Tung Ping Chau est devenue une destination plutôt prisée par les habitants désireux de fuir pour la journée les artères enfiévrées de la ville.

Il faut dire que le contraste avec l'animation des quartiers de Central ou Mong Kok pourrait difficilement être plus saisissant.

Le croissant de terre de Tung Ping Chau, mesurant moins de deux kilomètres de long, vit sa population émigrer vers Kowloon il y a quelques décennies.

Aujourd'hui, seul un hameau minuscule est encore habité sur l'île, et parfois l'odeur de l'encens qui brûle guide vers quelque petit temple — devant lequel flotte un drapeau rouge et doré, à l'intention de Tin Hau, une déesse de la mer ;

mais il y a bien davantage de maisons délabrées, au toit écroulé, envahies par la forêt semi-tropicale de Hong-Kong.

Quelques sentiers font le tour de l'île, et la traversent dans sa largeur. Ils sont agrémentés de panneaux informatifs concernant la flore, la faune, ou la géologie du cru.

Tung Ping Chau est un endroit de prédilection dans la région pour l'observation d'oiseaux, d'insectes et de récifs coralliens, et une promenade suffit à constater que l'île est issue d'une formation géologique assez particulière : rochers dorés, noirs, couleur de rouille, affleurent partout en strates tourmentées.

strates inclinées

Tung Ping Chau est relativement plane, le point culminant ne dépassant pas une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer ; tout juste peut-on trouver quelques falaises basses, au sud et à l'ouest.

Pour autant, les sentiers ne sont pas toujours des plus faciles d'accès.

Une plage de sable se trouve à l'extrémité orientale du croissant ; ailleurs, les rochers bordent l'eau.

Mais l'on peut se baigner partout, et c'est d'autant plus agréable que Tung Ping Chau est située à l'écart des eaux boueuses que déverse la Rivière des Perles dans son estuaire.

Malheureusement, son statut de parc naturel ne protège pas l'île des déchets déposés par la mer sur ses rives, ici et là.

INFOS PRATIQUES

Tung Ping Chau se situe à l'extrême nord-est des territoires de Hong-Kong, à l'est de Mirs Bay. Elle fait partie du Plover Park Cove Extension Country.

À moins de posséder son propre bateau, il faut emprunter le ferry de la Tsui Wan Ferry service ; il quitte l'embarcadère de Ma Liu Shui, au bas de la Chinese University of Hong-Kong (arrêt KCR : University), le samedi, dimanche et jours fériés à 9h du matin.

Le ferry repart de Tung Ping Chau ces mêmes jours, à 17h.

Il est bien sûr possible de passer la nuit sur l'île, entre samedi et dimanche par exemple, en apportant sa propre tente ; dans ce cas, il vaut mieux s'assurer des prévisions météorologiques, car les orages peuvent être particulièrement violents.

Il est aussi possible de loger chez l'habitant, mais les prix sont élevés.

Dorian cavé© Azurever.com

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