Un bout de Grèce entre Rome et Naples

Eau transparente et panoramas imprenables. Sperlonga est une destination idéale pour une escapade d’un jour à partir de Rome et Naples. Ce vieux bourg de marins est exactement à mi-chemin entre les deux villes. Dans les deux sens, il faut compter une heure et demie en voiture ou deux heures en combinant train et bus.

Avec ses murs blancs et son labyrinthe de petits escaliers, d’arches et de tourelles, Sperlonga est un clin d’œil italien aux villages de la mer Egéenne.

Dans ce bourg lové sur une colline, les marins se sont barricadés à cheval entre les XVIII et XIX siècle pour se défendre des pirates. Aujourd’hui, c’est un paradis pour flâneurs, photographes et amoureux de la nature.

Pas de place pour les voitures à l’intérieur de Sperlonga. Une petite promenade, c’est la seule meilleure façon d’aller à la plage, au port de plaisance ou au marché. Une façon, aussi, de se laisser aller aux surprises que cache ce village de pêcheurs.

Deux pas dans une cour, et on trouve des fresques décrivant les envahisseurs sarrasins qui détruisirent le village en 1534. Partout, des fleurs décorent les balcons des petites maisons blanches et les chats se faufilent dans les passages ombragés.

Les jeux d’ombres et de lumières n’arrêtent pas de surprendre le regard quand on passe sous les porches étroits et dans les ruelles mystérieuses. Et si, par hasard, on débouche sur une balustrade, tout d’un coup on goûte à des horizons bleus riches en mythes et en histoire.

Côté Occident, ressortit au loin la crête en forme de femme du mont de Circée. Une limite visuelle entre le large et une côte basse et rectiligne. A s’en tenir à la légende, c’est sur cette montagne que la magicienne Circée aurait retenu Ulysse et transformé ses compagnons en pourceaux. Vu de Sperlonga au coucher du soleil, le mont de Circée plonge dans la brume et se confond presque avec une île dans la mer rougeâtre.

Côté Orient, une petite plage, l’Angolo, se termine sur la grotte de Tibère. C’est ici que cet empereur et les aristocrates romains ont fait construire des villas luxueuses, profitant des nombreuses grottes, de l’eau limpide et du poisson abondant.

Grottes et Pavillon Bleu

Le nom Sperlonga d’ailleurs a toutes les chances de dériver du latin « speluncae », qui veut dire grottes. Plusieurs établissements balnéaires occupent la plage de l’Angolo.

C’est une petite langue de sable où reste une partie de « spiaggia libera », un morceau de plage gratuite pour les routards et les hôtes du camping situé à quelques mètres de la mer.

Ici, l’eau est parmi les plus propres en Italie. Depuis 1998, la plage de Sperlonga a reçu chaque année le Pavillon Bleu. En 2005, seulement trois autres plages du littoral romain ont rempli ces critères européens de qualité de l’eau et de respect pour l’environnement.

A la fin de la plage – environ 1km du village - commencent les rochers qui abritent la grotte de Tibère. Le site fait partie d’une réserve naturelle du WWF. Occasion parfaite de balade, à pied ou en bateau.

Plus de 10.000 pièces archéologiques ont été retrouvées sur ce site pendant les années Cinquante. En 1955, le renouvellement de la route côtière entre Rome et Naples avait permis aux archéologues et aux premiers touristes d’accéder plus facilement au bourg, encore très isolé à l’époque.

Depuis 1963, le trésor archéologique de Sperlonga est exposé dans le Museo Archeologico, tout près de la plage. Parmi les sculptures les plus remarquées il y a un très beau Polyphème aveuglé provenant de Grèce et datant du II siècle après J.-C.

Que les flâneurs soient rassurés : même pour aller au musée, il n’y a pas besoin de voiture. Mais si la canicule vous effraie, si vous êtes vraiment décidés à arriver à Sperlonga en quatre roues, alors attention au parking ! En été les places ont des prix parisiens.

Se garer coûte 1,50€ de l’heure ou 13€ pour la journée. Imperceptible en arrivant, le nouveau parking public est un multi-niveaux accoudé au rocher de Sperlonga. Où que vous vous gariez – assez facilement - vous aurez une vue imprenable sur la mer et le mont de Circée. Difficile de trouver ça à Paris. Difficile, aussi, dans les autres plages italiennes.

Fabio Benedetti-Valentini © Azurever.com

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