Ordres religieux - jeux d'influence au Vatican

Place Saint Pierre

La capitale du catholicisme exerce son influence spirituelle sur les fidèles du monde entier. En retour, le monde catholique a ses avant-postes à Rome.

Depuis Saint François d'Assise, les fondateurs d'ordres religieux viennent à Rome pour faire allégeance au Pape. Au fil des siècles, certaines organisations religieuses en sont arrivées à orienter l'Eglise.

C'est le cas de Jésuites, très puissants au XVIe et XVIIe siècle : c'est l'époque de l'Inquisition et de l'évangélisation de l'Amérique latine. Au Collège romain, les savants Jésuites s'opposent à Galilée et à l'avancée de la science moderne.

Plan de Rome jésuite

Refondée en 1814, la Compagnie de Jésus compte aujourd'hui quelque 20 000 membres dans le monde.

A l'entrée du siège des Jésuites à Rome, pas loin de Saint Pierre, se trouve un ancien plan de Rome jésuite.

D'une façon révélatrice, ici le centre de la ville est l'ancien Collège romain.

Collège romain

Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), qui prônait une modernisation de l'église, la fonction d'évangélisation de tout chrétien est reconnue.

Les nouveaux mouvements religieux, souvent laïcs, sont en plein essor. Les noms restent méconnus.

Il y a certes l'Opus Dei, mais aussi les « focolari », les Légionnaires de Christ, le Chemin Néocatéchumenal, la communauté de Sant'Egidio, les mouvements charismatiques...

Saint Pierre et colonnes

Ces mouvements ont des milliers de membres, des millions de sympathisants, des dizaines d'écoles, des séminaires pour former leurs prêtres, des maisons d'édition...

Certains des nouveaux ordres veulent garantir une morale traditionnelle dans l'Eglise, d'autres veulent un renouvellement du christianisme.

D'autres encore, comme la communauté de Sant'Egidio agissent dans l'humanitaire et s'ouvrent aux autres religions.

Le mouvement le plus puissant, et l'un des plus critiqués pour son influence croissante au Vatican, c'est l'Opus Dei. En 1982, Jean Paul II reconnaît officiellement l'Opus Dei.

Son fondateur, Mgr Escrivà, est désormais un Saint de l'Eglise. Marquant une exception parmi les nouveaux mouvements, l'Opus Dei peut décider la destination de ses curés.

Les nouveaux mouvements catholiques sont une vrai galaxie, dont on pourrait donner au moins deux exemples.

Statues de Saint Pierre

Les Légionnaires de Christ (650 prêtres, 30 0000 membres actifs en 20 nations, des dizaines d'écoles), adopte une stratégie semblable à celle de l'Opus Dei : évangéliser en touchant les élites d'abord.

Un autre cas est celui des «focolari » ou Opus Mariae, qui se caractérisent par leur attention à la figure de la Vierge.

Fondé en 1943 et dirigé par une femme, ce mouvement comprend plus de 4 millions de sympathisants dans le monde et accueilli en son sein des non-catholiques : musulmans et buddhistes y sont les bienvenus.

Les « focolari » se réunissent autour d'environ 6000 « foyers » dans le monde. Ils ont initié au Brésil un mouvement d' « économie de communion » qui fédère 700 entreprises.

Dans ce « nouveau modèle économique », un tiers des profits va aux pauvres, un tiers aux patrons et un tiers à la communauté.

Les « focolari » s'adressent tout particulièrement aux jeunes et font levier sur les médias. En 1993, le Familyfest, leur rassemblement à Rome, est retransmis par 200 chaînes de télé et regardé par 686 personnes dans le monde.

Saint PierreCes nouveaux mouvements témoignent de l'effervescence du catholicisme au nouveau millénaire. Mais certains y voient aussi des dangers.

En 2004, « La Civiltà cattolica » (La Civilisation catholique), revue jésuite dont les éditoriaux sont lus et approuvés par le Vatican, soulignait trois « dangers » relatifs aux mouvements catholiques :

les mouvements croient exprimer à eux seuls le vrai christianisme ; ils se replient sur eux-mêmes ; enfin, ils concurrencent les églises locales. Des sectes ?

Fabio Benedetti-Valentini © Azurever.com

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