Galerie Tretiakov

L’entrée dans le musée est aussi digne des contes russes.

Parmi tous les musées, cette galerie d’art est sans doute le musée le plus « russe ».

Fondée à partir de la collection privée du marchand Pavel Tretiakov qui en fit cadeau à la ville de Moscou en fin du XIXè siècle, la Galerie Tretiakov réunit aujourd’hui plus de 130 000 oeuvres.

Tableaux qui accompagnent tout au long de la vie

Sa collection est peut être moins connue mondialement que les chefs d’œuvres des peintres d’Europe occidentale de l’Ermitage.

Trois chevaliers de Vasnetsov

Mais en Russie, les reproductions de ces tableaux sont partout : sur les boîtes des bonbons, les écrins en bois pour les bijoux, sur les tapis et les calendriers…

Ces images nous accompagnent tout au long de la vie et en explorant les salles du musée, on a l’impression de retrouver nos vieux amis d’enfance sortis directement des contes russes ou des manuels d’histoire :

les petits ours maladroits grimpant le tronc d’arbre dans la brume matinale du bois de sapins, les trois héros chevaliers qui surveillent avec vigilance les frontières de l’Etat, les empereurs et les impératrices arrogants avec un regard glacial ou inquiet sous le poids de leur responsabilité, les serfs et les paysannes dont on lit dans les yeux à la fois naïveté et intelligence…

Le dialogue muet entre les anges dépeint par Roublev

Les tableaux à la gloire de l’empire russe et ceux qui révèlent la face cachée de sa grandeur, pleins de la douleur des conditions misérables de la vie du peuple.

Toute l’histoire du pays, tragique et tumultueuse, depuis les temps de la Russie kiévienne jusqu’à l’époque moderne, est retracée dans la collection du musée.

Mais la première salle à visiter est celle des icônes, là où on peut peut-être trouver la clé indispensable à la compréhension de l’énigme de « l’âme russe ».

L’icône de la Trinité d’Andreï Roublev

Parfois appelée aussi « l’icône des trois Anges », cette icône figure sur la première page du livre qui décrit la collection de la galerie.

La vie de la noblesse russe à l’époque…

Devenue la « carte de visite » du musée, elle symbolise aussi un moment crucial dans toute l’histoire du pays :

le rassemblement au début du XVè siècle des territoires russes chrétiens pour se libérer du joug tricentenaire des tataro-mongols.

Les trois anges dépeints par le génie de Roublev mènent un dialogue, un dialogue muet, harmonieux mais triste.

Triste à cause des souffrances du peuple, endurées pendant les siècles de soumission à l’ennemi.

Et comme symbole de cette souffrance - une coupe remplie de sang, dont l’image se répète plusieurs fois dans l’icône.

Mais l’âme russe, existe-elle vraiment, ou est-ce simplement une invention des poètes et des écrivains russes, amoureux de leur patrie et toujours à la recherche des métaphores ?

Si elle existe, elle est triste, comme sur les images sur ces icônes…

Note : L’icône de la Trinité d’Andreï Roublev est très riche en symbolique, elle a plusieurs sens. Description plus approfondie sur le site

http://www.portstnicolas.org/

Il y a deux galeries de Tretiakov, celle de Lavrushinskiy Pereulok (du Xiè au début du XXè siècle) et celle située à Krymsky Val (collection XXè siècle), cette dernière est moins intéressante à visiter.

Site du musée (en russe et en anglais) http://www.tretyakov.ru/

Anastassia Koukouchkina © Azurever.com

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