Tunis, la médina et les souks

Porte de France

En laissant derrière vous l'avenue Habib Bourguiba et le quartier colonial, rentrez dans la médina par la porte de France, ou Bab el Bahr (porte de la Mer).

Dans ce labyrinthe de souks et de mosquées, quittez les rues principales et leurs pièges à touristes pour découvrir un Orient rêvé.

Chants des muezzins, mausolées princiers aux stucs et aux céramiques somptueuses, hammams et ventes à la criée dans les passages voûtés...

Minaret Grande MosquéeLa médina de Tunis, avec celle de Fès au Maroc, est l'une des plus stupéfiantes du Maghreb.

L'architecture, surprenante, combine influences andalouses, turques et européennes.

Au centre de la médina, la Grande Mosquée, également connue sous le nom de Jemaa es Zitouna, la mosquée de l'Olivier, abrite des trésors.

La cour est ouverte aux visiteurs tous les matins, sauf le vendredi.

Des nombreuses boutiques (maison d'Orient, palais d'Orient... les noms se ressemblent) proposent de visiter leurs terrasses avec vue sur les minarets, les toits de la médina et le lac de Tunis.

Coupole Grande MosquéeY monter vaut bien quelques minutes de patience : en descendant vous aurez droit à un étalage de tapis en bonne et due forme.

De toutes les façons, aucune obligation d'achat ! Tirez-vous d'embarras et récupérez vos énergies au salon de thé-restaurant M'Rabet.

Avec ses colonnes torsées teintes de rouge et de vert, c'est un havre de paix au beau milieu des souks grouillants.

Tunis compte au moins une dizaine de souks. Divisés par corporation, les souks s'organisent autour de la Grande Mosquée.

Café M'Rabet

Parfums, laines, étoffes, orfèvres, chéchias : les produits de luxe sont les plus proches de la mosquée.

En vous éloignant, vous trouverez les souks des babouches, du cuivre, des teinturiers...

Un chaos parfaitement réglé depuis des siècles !

Autrefois, au soir, des portes massives fermaient les quartiers de la médina, précaution nocturne pour garantir la sécurité des Tunisois.

Souk de Tunis

Dans le souk, les passionnés du marchandage trouvent leur bonheur. Mais attention, vous avez à faire avec des maîtres en la matière !

Si vous avez envie de connaître le juste prix d'une céramique ou d'un bijou, allez d'abord visiter les magasins de la ville coloniale ou alors, petite halte à la boutique du musée Ed-Dar, maison aménagée par un antiquaire.

C'est une demeure exceptionnelle de fin XV siècle qui abrite des faïences splendides et une terrasse avec vue à couper le souffle.

 

La fabrique des « bonnets rouges »

Les chéchias, ces « bonnets rouges » si typiquement tunisiens, viennent d'Occident...

Artisan de chéchia

C'est au XVII siècle des émigrants andalous débarqués d'Espagne introduisent cet artisanat à Tunis.

Au fil des siècles, la capitale tunisienne exportera les bonnets de laine un peu partout au Proche-Orient et dans la Méditerranée musulmane : Turquie, Egypte, les Balkans...

Au XVIII siècle, la chéchia à Tunis était une vraie industrie qui occupait jusqu'à 15 000 personnes, avec une production qui frôlait le demi million de chéchias.

Quant à son usage, en réalité au départ la chéchia servait à supporter le turban. De plus, elle n'est pas forcément rouge. Chaque pays a sa couleur : les Libyens, par exemple, sont très attachés au noir ; les Tunisiens, on le sait, aiment les bonnets rouges.

Aujourd'hui, les hommes tunisiens portent encore la chéchia, pour les grandes occasions, sur des habits occidentalisés. Pour les fonctionnaires, le port de la chéchia est encore obligatoire le 16 mars, fête des Traditions.

De quoi réjouir les producteurs de bonnets rouges, les « chaouachis » ! Le souk des Chéchias est encore l'un des plus authentiques de Tunis. Avec un peu de chance, vous pourrez toujours voir les « chaouachis » à l'oeuvre !

Fabio Benedetti-Valentini © Azurever.com

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